Cours Oasis, classes désertiques !

Posté sur X le 20 juin 2026



Depuis des années, la majorité parisienne nous arrose de sa com’ : ville résiliente, cours Oasis, îlots de fraîcheur, forêts urbaines… Grégoire nous a promis d’être prêt pour un Paris à 50°C. Ses promesses s’évaporent dès les 39°C atteints.


Et ce sont nos finances qui fondent : la mairie achète en catastrophe plus de 1 200 climatiseurs mobiles pour les écoles parisiennes afin de garantir… une pièce rafraîchie par école. Après des années à expliquer que la climatisation était un gros mot, la Ville découvre dans l’urgence que les enfants ne se rafraîchissent pas avec un communiqué de presse.


En 2022, Emmanuel Grégoire s’interrogeait même publiquement sur la possibilité d’interdire les climatiseurs individuels. À Paris, même les doctrines prennent un coup de chaud.


Cet amateurisme n’est pourtant pas nouveau. À Paris, l’idéologie bête et méchante est souvent le premier créateur de déserts.


Le premier est climatique. Un enfant ne passe pas sa journée scolaire sous un arbre en photo sur Paris.fr, mais dans une classe mal protégée, où l’air devient irrespirable dès les premières vraies chaleurs. Les Cours Oasis ont sûrement « dégenré » quelques récrés en empêchant de jouer au foot, mais un bac à copeaux de bois ne remplace pas une école correctement pensée, isolée et ventilée.


Le deuxième désert est scolaire. À la rentrée 2026, 172 fermetures de classes sont annoncées dans la capitale, sur fond de fuite des familles. Le scandale du périscolaire aura-t-il pressé Grégoire de faire sa commande Amazon en catastrophe ? Toujours est-il que l’école publique parisienne prouve qu’elle peut être invivable en toutes saisons, malgré le vent brassé par les vœux pieux de la majorité au rectorat.


Le troisième désert est politique. Depuis la canicule meurtrière de 2003, la France prélève chaque année des milliards au nom de la solidarité et de l’autonomie. En 2025, la journée de solidarité doit mobiliser 3,48 milliards d’euros. Et pourtant, dans trop d’établissements publics, la réponse minimale reste encore la même logique : une pauvre pièce « fraîche » dans l’EHPAD ou l’école, et beaucoup de communication partout ailleurs.


J’ai vu cette absurdité de près, fin mai, dans une pension de famille flambant neuve du 18e : un petit local déjà étouffant, des élus liquéfiés, une femme sortie à la limite de l’évanouissement pendant un discours. Et tout le monde se félicitait de livrer un bâtiment bouilloire, alors qu’un bon système de climatisation mutualisé à l’échelle du bâtiment serait bien plus efficace que les 1 200 climatiseurs de poche de Monsieur Grégoire, si habitué à faire les nôtres.


Cours Oasis, classes désertiques : ce n’est pas une politique climatique. C’est un mirage. C’est Emmanuel Grégoire.