Posté sur X le 16 septembre 2026
2015 : l’Inspection générale de Paris alerte sur les risques d’infractions sexuelles sur mineurs commises par des agents municipaux. 2026 : Hidalgo reconnaît au Sénat un « échec collectif ».
Onze ans.
Les médias rejoignent enfin les Parisiens et l’opposition pour réclamer des comptes à Hidalgo et Grégoire. Mais pendant ces années, où étaient-ils ?
Dès avril 2015, Jean-Pierre Lecoq interpellait la municipalité sur la protection des enfants. Ces alertes publiques au Conseil de Paris appelaient enquêtes et relances, au-delà d’une assemblée où la majorité pouvait refuser d’entendre.
Le « Dati show » plutôt que le fond
Car les échanges au Conseil savaient faire l’actualité. À condition de faire du spectacle. En novembre 2023, lors de la polémique sur Tahiti, le « Dati show » d’Hidalgo se retrouvait jusque dans les titres. La maire fournissait la pirouette ; des rédactions déroulaient le tapis rouge à ce récit pratique pour esquiver le fond.
Pourtant, la matière ne manquait pas. En février 2026, interpellée sur le périscolaire, Hidalgo répondait : « Votre obsession est claire », évoquant dans le même échange des « obsessions de conservateurs ». Une maire interrogée sur la protection des enfants fait le procès idéologique de son opposition : voilà qui méritait une enquête.
Seulement, cette séquence ne donnait pas le beau rôle à la gauche parisienne. Cela aurait-il pesé dans les choix des rédactions friandes du « Dati show » ? Les Parisiens peuvent se poser la question. Pour cette réponse, ni pastille rigolote dans C à vous, ni jingle coloré dans Quotidien. Après tout, on ne parlait QUE du périscolaire. Pas de quoi en faire un sujet. Sauf que…
Dati était dans son rôle en exigeant des explications. Son indignation méritait qu’on en examine les raisons, au lieu d’en faire un trait de caractère. Mais sans doute fallait-il s’occuper de Dati. Plus que des Parisiens. Ironique, pour des médias qui portent leur nom.
Faire entrer Dati sur la photo
Pire : le 4 septembre 2026, bien après la bataille, franceinfo publie une enquête de la cellule investigation de Radio France sur une école du 7e. Intertitre : « Des parents excédés face à Rachida Dati ». L’article précise pourtant : « Les animateurs dépendent de la mairie centrale ». Le 11e, désormais dirigé par l’écologiste de salon David Belliard, était décrit dès mai comme « l’épicentre de la crise ».
Pour raconter le naufrage socialiste, il fallait faire entrer sur la photo Dati, qui portait les alertes. Coûte que coûte. Après le peu d’écho donné aux alertes depuis 2015, difficile d’y voir une simple coïncidence. C’est du militantisme mal déguisé. Un Charles Sapin dans la rédaction aurait peut-être évité cela. Mais c’est un autre débat. Quoique…
La responsabilité d’un contre-pouvoir
Le cadeau à la majorité est là : détourner l’attention de son bilan pour la ramener sur son opposition. Choisir un titre, une petite phrase, un angle engage une responsabilité éditoriale. Une alerte de l’opposition, même de droite, DOIT appeler les mêmes vérifications qu’une autre. Une mairie socialo-communiste ne bénéficie d’aucune présomption de vertu.
L’indépendance, c’est aussi déranger un pouvoir dont on partage les préférences. Face à la mairie parisienne, cette exigence a trop souvent cédé au récit où la gauche gouverne et la droite s’agite. S’emparer du sujet trop tard ne suffit pas à faire amende honorable. Un contre-pouvoir doit reconnaître quand il a laissé le pouvoir dicter le sujet et l’angle.
Vous demandez à Hidalgo et Grégoire ce qu’ils ont fait depuis 2015. Très bien. Et vous, chères rédactions parisiennes ?
Kevin Messy
Conseiller d’arrondissement du 19e arrondissement de Paris
Périscolaire : et les médias dans tout ça ?
2015 : l’Inspection générale de Paris alerte sur les risques d’infractions sexuelles sur mineurs commises par des agents municipaux. 2026 : Hidalgo reconnaît au Sénat un « échec collectif ».
Onze ans. Les médias rejoignent enfin les… pic.twitter.com/XechgFT0fG — Kevin Messy (@KevinMessy19) 16 septembre 2026
