Conseil du 19e arrondissement · 12 mai 2026
Une fermeture de classe, c’est un signal d’alarme. Encore faut-il regarder ce qu’il nous dit. Pourquoi des familles ne parviennent-elles plus à se projeter à Paris ? Le logement, la sécurité, l’accès aux équipements : les décisions municipales ont aussi des conséquences sur la vie de nos écoles.
Au conseil du 19e du 12 mai 2026, j’ai défendu cette exigence de cohérence. Soutenir l’école publique, oui. Mais aussi donner aux familles des raisons de rester, et les moyens d’y élever leurs enfants.
Mon intervention
Merci, M. le maire. Chers collègues, avant toute chose, au nom du groupe Libres et Démocrates que je représente sur cette question, il est évident que personne ne peut se réjouir de fermeture de classe, ni à Paris, ni dans le 19e arrondissement. Néanmoins, j’aimerais apporter une certaine nuance, car si l’on veut réellement aider l’école publique à Paris, je pense que nous nous devons objectivement de faire le bon diagnostic.
Et à ce titre, l’indicateur que nous devrions avoir en ligne de mire, c’est que notre arrondissement a perdu 16% de ses moins de 13 ans depuis 2016, à titre de comparaison, c’est 12 fois plus qu’en Île-de-France. A Paris, depuis 2019, nous avons perdu 15% de nos élèves. Sur cette même période, le rectorat n’aura fermé que 5% des classes, que entre guillemets.
Autrement dit, néanmoins, le rectorat ferme des classes trois fois moins vite que la capitale se vide de ses familles et de ses enfants. La question, elle est donc pour moi moins de savoir pourquoi le rectorat finalement applique à Paris les règles nationales. C’est aussi un principe d’égalité territoriale. Mais pourquoi cette hémorragie parisienne?
Et malheureusement, la réponse me semble évidente, c’est aussi le fruit de certaines décisions de la politique municipale de Paris. L’école n’est malheureusement pas un silo hermétique et certaines de vos décisions ont un impact, évidemment, sur la capacité à se projeter dans notre capitale par les familles. Monsieur Dagnaud, certains quartiers que vous connaissez bien, aux portes de Paris, atteignent parfois 70, 80, 90% de logements sociaux.
Je vous l’accorde, c’est très pratique pour arriver à une moyenne parisienne autour de 30%. On évoque 40% en 2040. Ces slogans se font finalement au détriment des familles. Elles cassent la mixité sociale qu’on peut avoir dans certains établissements scolaires. Et on ne peut donc pas ensuite s’étonner que certaines familles, pensant faire ce qu’ils pensent être le mieux pour leurs enfants, essayent de trouver des alternatives à l’éducation publique.
Dans ce même conseil d’arrondissement ce soir, LFI, dans un vœu dédié à Rosa Parks, évoque l’ouverture d’une halte soins addictions. Alors c’est sûrement très noble comme combat, mais moi ce que j’entends aussi, c’est que pour les familles de Rosa Parks, Rosa Parks c’est deux crèches, un lycée, un collège, un gymnase. C’est que finalement, la situation du crack est vouée à s’implanter dans ce quartier-là.
Et moi, j’ai une pensée émue pour les familles qui se projettent à l’avenir d’y laisser leurs enfants, tout simplement. Je comprends qu’ils puissent avoir peur aussi de cette situation. Et c’est un signal négatif que nous envoyons aux familles parisiennes. Enfin, je vais évoquer une autre délibération que nous évoquerons plus tard, c’est la réquisition du lycée Georges Brassens pour en faire de l’hébergement d’urgence.
Je vais conclure, vous l’avez compris, nous allons voter pour ce vœu, pour l’intérêt des élèves parisiens, et ça me semble tout à fait normal. Néanmoins, je tiens à rappeler que la politique municipale doit envoyer un signal fort aux familles, doit leur donner la capacité de se projeter à long terme et, par exemple, doit prendre des mesures fortes en ne réquisitionnant plus, par exemple, les gymnases qui privent les élèves et les familles parisiennes de structures à la fois scolaires et sportives à l’approche du bac et des vacances.
Je vous remercie.
