Logement : encore faut-il trouver un appartement

Kevin Messy intervient au conseil du 19e arrondissement — 9 juin 2026

Conseil du 19e arrondissement · 9 juin 2026

La majorité parisienne applaudit l’encadrement des loyers. Je lui ai posé une autre question : que vaut cette protection pour celui qui ne trouve aucun appartement ? On peut se féliciter d’une hausse contenue dans une étude. Cela ne dispense pas de regarder les logements disponibles et les difficultés de ceux qui cherchent à se loger.

Le 9 juin 2026, au conseil du 19e, j’ai défendu un débat fondé sur l’ensemble des résultats et une priorité : remettre des logements sur le marché. Le premier droit d’un locataire, c’est encore de trouver un logement.

Conseil du 19e · 9 juin 2026 · Kevin Messy

Mon intervention

C’est une expérimentation qui va arriver à son terme à la fin de l’année. Je pense qu’il est peut-être précipité aujourd’hui d’acter sa reconduite en se faisant l’économie de débats qui se baseront sur des chiffres et des études qui sont en train de paraître en ce moment même. Donc, premièrement, c’est aussi un choix démocratique de vouloir prendre cette décision maintenant et de se soustraire à un débat qui aura lieu dans tous les cas d’ici la fin de l’année.

Ensuite, vous expliquez que c’est un dispositif qui a fait ses preuves. Factuellement, je n’en suis pas persuadé. Vous évoquez par exemple le chiffre de 800 euros d’économie. En réalité, ce n’est pas vraiment une économie, c’est un chiffre qui n’existe pas. C’est une pure vue de l’esprit. C’est la différence entre les loyers actuels et ce qu’auraient été les loyers dans un Paris alternatif, dans l’hypothèse où l’encadrement des loyers n’aurait pas existé.

En réalité, personne ne s’est enrichi de 800 euros. Par contre, l’étude de l’APUR sur l’encadrement des loyers, vous nous jouez l’économie de la baisse de la hausse. La baisse de la hausse, c’est 800 euros. La réalité, elle est dans l’étude de l’APUR. Vous avez dit que les loyers ont baissé. Dans l’étude de l’APUR sur l’encadrement des loyers, le loyer moyen parisien était de 1 500 euros en 2019, il est de 1 630 euros en 2025.

Donc jamais dans l’histoire de la capitale, les loyers n’ont été aussi élevés que pendant l’encadrement des loyers. Ça c’est factuel, c’est l’APUR qui le dit. Un autre chiffre peut-être intéressant, et que SeLoger.com qui a contribué aux études de l’APUR évoque également, à Paris le stock d’annonces d’appartements à louer a chuté de 74 % en trois ans.

Donc on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu d’effondrement de l’offre. Tout le monde peut le constater. Dans un article du Monde en 2025, qui s’appelait « À Paris, la pénurie d’appartements à louer s’aggrave », il constate que parfois, pour une seule annonce, il y avait jusqu’à 1 400 candidats. Donc ce n’est plus un marché locatif, c’est une loterie que vous organisez.

Et je pense qu’on ne peut pas se fier que sur cette baisse de la hausse de 800 euros fictifs dans un monde parallèle. Je pense qu’on doit aussi regarder de manière objective les effets que ça a sur l’offre locative et sur le parc locatif. Vous l’aurez compris, nous, on est favorables à ce que les débats ont lieu en temps et en heure, que toutes les études et tous les chiffres soient regardés et qu’on ne brandisse pas la baisse de la hausse comme un totem absolu.

En réalité, nous, on pense qu’il faut sortir de l’encadrement des loyers à court terme. Il faut un choc d’offres. Il faut remettre des logements sur le marché. Aujourd’hui, aucun Parisien se loge facilement grâce à l’encadrement des loyers. C’est impossible, il y a trop de candidats. Il y a trop peu d’offres.

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