Canicule : des équipements qui fonctionnent, pas des coups de com’

Kevin Messy intervient au conseil du 19e arrondissement — 7 juillet 2026

Conseil du 19e arrondissement · 7 juillet 2026

Préparer Paris à la chaleur ne se résume pas à une exposition ou à une distribution de gourdes. Cela se juge dans les écoles, à l’état des fontaines et à la capacité de nos réseaux à rendre les services pour lesquels ils existent.

Le 7 juillet 2026, au conseil du 19e, j’ai défendu deux demandes concrètes : examiner, établissement par établissement, ce qui a été investi et réalisé contre la chaleur ; suspendre les décisions irréversibles sur le réseau d’eau non potable et étudier son maintien renforcé. Respecter le patrimoine parisien, c’est aussi savoir s’en servir pour préparer l’avenir.

Conseil du 19e · 7 juillet 2026 · Kevin Messy

Mon intervention

Oui, merci M. le maire. Avant toute chose, je voulais m'excuser d'avoir pris la parole tout à l'heure, mais vous présidez très bien le conseil, et c'est moi qui ai un peu paniqué. Effectivement, je vais présenter deux vœux, je vais répondre à trois vœux, ça pourra vous paraître un petit peu long, mais ne vous inquiétez pas, je fais au plus court. Donc le groupe écologiste tout à l'heure disait que le rapport Paris à 50 degrés était devenu une archive.

Moi je suis désolé ça n'a jamais été une archive. C'était un coup de com' et sur lequel vous avez également surfé. Votre majorité a même organisé en novembre 2024 une expo à votre gloire sur le thème de Paris à 50 degrés. J'espère que vous avez gardé les photos. Mais on ne peut pas se vanter depuis 6 ans de préparer la capitale au Paris de demain et puis devoir passer 20 minutes en début de conseil d'arrondissement pour faire une longue liste de manquements et de bricolage.

Paris, c'est 11 milliards de budget annuel, c'est quasiment 10 milliards de dettes, c'est 3 milliards investis dans le plan climat. La réponse concrète, dans nos écoles du 19e, ça a été 800 couvertures de survie livrées en panique pour calfeutrer les fenêtres des écoles dans lesquelles les enfants faisaient des malaises. Vous devriez quand même être en mesure de proposer davantage que des couvertures de survie pour les écoles.

Je crois que ça, ce n'était pas dans l'expo Paris à 50 degrés d'ailleurs. Alors non, vous dites que vous n'avez pas rien fait. Encore heureux. Permettez-moi de reprendre vos mots, M. le maire. Nous sommes effectivement loin du grand soir. Mais soyons honnêtes, ce n'est pas du tout une question de moyens. Les moyens, vous les avez. Alors, vous vous dites fiers de votre bilan.

Permettez-moi de rejoindre les propos de M. Sarr et de penser qu'avec 109 morts et 3 noyés en 15 jours, on pourrait faire l'exercice d'un petit peu plus de modestie pour cette majorité qui distribue les bons points et qui veut bien encore les entendre. Nous, nous demandons 2 vœux extrêmement concrets. Le premier, un audit établissement par établissement de l'argent qui a été fléché et investi, de ce qui a été réellement effectué, de l'efficacité de ces mesures pour que nous rectifions le tir où et si c'est nécessaire dès la rentrée de septembre 2026.

Mon deuxième vœu, il est structurel également. Je suis obligé de saluer le vœu d’Halima Jemni et d’Adji Ahoudian qui se rendent compte le 7 juillet 2026 que les fontaines à eau parisiennes ne sont pas entretenues. C'est la stupeur, j'imagine. Il n'est jamais trop tard. Ça fait que 10 ans que SaccageParis le documente jour après jour et photo après photo.

Mais enfin, il n'est jamais trop tard pour prendre en compte les remontées citoyennes et ne pas les insulter. Je suis désolé de vous couper dans votre épiphanie, mais l'état des fontaines et des brumisateurs, c'est vraiment la partie émergée de l'iceberg pour le scandale d’Eau de Paris. Car sous nos pieds, Paris a une chance. La chance [mot indistinct] de deux réseaux structurants pour faire face aux changements climatiques.

Le réseau de froid, lancé sous Jacques Chirac, et le réseau d'eau non potable parisien qui est un héritage des grands travaux d'Haussmann. Et pourtant, vos collègues écologistes, Dan Lert, puis désormais Alice Timsit, qui se sont succédés à la présidence d’Eau de Paris, ont acté l'abandon de près d'un tiers de ce réseau d'eau non potable de la ville de Paris.

Alors d'un côté, la ville nous explique qu'elle se prépare au changement climatique et puis de l'autre, elle laisse les écolos démanteler un outil public unique au monde, précisément utile au nettoyage des rues, à l'arrosage des espaces verts et au rafraîchissement urbain. Donc vous voyez qu'on est quand même en droit d’attendre d’Eau de Paris qu'ils fassent autre chose que le SAV municipal en distribuant des gourdes ou en multipliant les brumisateurs.

Ça ne fait clairement pas honneur à cette institution, voire ça la détourne de ses réels sujets de fond. Dans le 19e, nous avons un exemple très concret : la résidence Paris Habitat au 29 rue Armand-Carrel, elle est raccordée à ce réseau d’eau non potable pour le nettoyage des communs et l'entretien des espaces extérieurs. Félicitations, j'approuve.

En plus ce type d'usage devrait être développé dans le parc social et municipal. Ce serait une façon de contribuer au financement de ce renouvellement du réseau non potable de Paris. Je compte sur l'épiphanie soudaine des socialistes du 19e pour exiger de vos écolos qu'ils suspendent dès maintenant toute décision irréversible, qu'ils reprennent les discussions avec Eau de Paris, avec l'APUR, avec les bailleurs sociaux et les maires d'arrondissement pour étudier un scénario alternatif de maintien renforcé là où ce réseau existe.

C'est ce que nous attendons de vous, ne plus céder aux sirènes des coups de com' faciles, mais de mener enfin un grand plan d'envergure structurel et rationnel. Montrez aux Parisiens que vous en êtes capables en votant en faveur de ces deux vœux. Je vous remercie.

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