Posté sur X le 21 juillet 2026
Emmanuel Grégoire est moins confiant que durant sa campagne, où il promettait tous les miracles. Quelques mois seulement après son tour de Vélib’ victorieux, le champagne a tourné. Il s’en confiait sur le canapé du Parisien : « Nous n’avons aucune marge de manœuvre », face à des finances plombées par le marché immobilier.
Après vingt-cinq ans à traire le logement, la gauche découvre qu’une vache à lait peut en mourir. Les transactions ralentissent, les recettes s’évaporent.
Hier rente fiscale, le logement devient le boulet de Grégoire, le maire pourtant formé par Jean-Louis Missika.
Et les chiffres donnent déjà mal au crâne. Sur les cinq premiers mois de 2026, le réseau Safti mesure une chute de 24 % des ventes d’appartements à Paris. Les Notaires du Grand Paris confirment : −13 % au premier trimestre. Les droits de mutation ont rapporté 1,75 milliard d’euros en 2022, mais seulement 1,15 milliard en 2024 : près de 600 millions envolés.
Pourtant le budget 2026 parie de nouveau sur 1,65 milliard. Une nouvelle tournée de budgets insincères !
Rassurez-vous : vingt-cinq ans d’échecs n’ont même pas provoqué vingt-cinq secondes de remise en question. Pour soigner la gueule de bois, la majorité prévoit de remettre ça.
« Ça va cogner très fort », prévenait Grégoire en avril !
Promesse pour une fois tenue : la gauche a voté en Conseil de Paris a voté le quasi-doublement de la taxe sur les logements vacants. Dès 2027, son taux passera de 17 à 30 % la première année d’imposition, puis de 34 à 60 % à partir de la deuxième.
Pour un 30 m² dans le 17e, la Ville estime que la note passera de 790 à 1400 euros, puis à 2800 euros dès 2028.
Démagogie fiscale au rendement dérisoire, mais aux conséquences réelles. Taxer ne débloque pas une succession, ne finance pas des travaux et ne rassure pas un propriétaire.
Je le disais en conseil d’arrondissement sur l’encadrement des loyers : sans visibilité, pas de confiance. Sans confiance, pas de capitaux. Sans capitaux, moins de rénovations et moins de logements. À force d’alourdir la note, les clients changent de table.
La courbe de Laffer n’est pas qu’une théorie. À Biarritz, après la surtaxe de 60 % sur les résidences secondaires, plus de 1000 logements auraient changé de statut fiscal. Selon la municipalité, l’addition approcherait le million d’euros entre les recettes perdues et la pénalité SRU supplémentaire.
La taxe n’a pas déplacé les habitants, elle a déplacé les déclarations. On ne remplit pas un verre plus haut que le bord.
À Paris, le PCF sert ce même cocktail de chiffres. Au printemps, Jacques Baudrier brandissait près de 150 000 logements vacants tout en reconnaissant « manquer de précision ». En juillet, la Ville en présente 80 000 comme « structurels » et promet d’en remettre 20 000 sur le marché.
Problème : la base LOVAC 2026 ne recense que 26 000 logements vacants depuis plus de 2 ans. Hic !
Ces chiffres ne mesurent en réalité pas la même chose : le plus gros sert à justifier l’impôt dans le Parisien, le plus petit à en promettre le résultat. L’assiette est au doigt mouillé, l’étude d’impact reste introuvable, mais on charge les verres au maximum.
Autant le dire tout de suite : ce sera, évidemment, un échec.
Les socialistes pensaient acheter la paix de leur coalition en laissant le logement au parti communiste, qui ne représente pourtant presque plus rien ni personne. Mais donner l’immobilier aux communistes, c’est confier les clés du bar à un alcoolique.
Grégoire a besoin de transactions, d’investissements et de confiance pendant que Ian Brossat et ses copains ont fait fuir les trois. Et c’est toute la capitale qui trinque.
Une autre voie existe pourtant : moratoire fiscal, allègement des normes (dont nous avons constaté les limites durant la canicule), stabilité des impôts sur la mandature, souplesse dans la fixation des loyers et des usages, garanties contre les impayés et le squat…
Paris préfère créer les « brigades du logement » pour traquer les proprios.
Que voulez-vous : à Paris, le PCF tient le bar, le PS paie sa coalition et les Parisiens règlent la tournée. A la vôtre !
🍸 Logements vacants : à Paris, on boit la taxe !@egregoire est moins confiant que durant sa campagne, où il promettait tous les miracles. Quelques mois seulement après son tour de Vélib’ victorieux, le champagne a tourné. Il s’en confiait sur le canapé du Parisien : « Nous… pic.twitter.com/9lp2nE2EdV
— Kevin Messy (@KevinMessy19) July 21, 2026
