Posté sur X le 2 juillet 2026
Avec 10 milliards d’euros de budget annuel et presque autant de dette, les Parisiens se demandent légitimement où passe leur argent. A priori, pas dans la climatisation des EHPAD, pas dans le recrutement du périscolaire, pas dans la propreté ni la sécurité. Pour retrouver la piste du magot, il faut regarder ailleurs : dans l’armée mexicaine de la mairie de Paris.
D’abord, les agents : on savait que Paris comptait plus de fonctionnaires que la Commission européenne, avec plus de 52 000 agents municipaux pour faire tourner une ville de 2 millions d’habitants.
Ensuite, les adjoints : quand l’administration ne suffit pas, on ajoute 36 adjoints autour d’Emmanuel Grégoire. Plus que de ministres en France, chacun avec ses délégations, parfois plus fantasques les unes que les autres : une « délégation aux relations internationales, européennes et à la francophonie » confiée à Audrey Pulvar qui quitte l’agriculture (!), à laquelle il faut ajouter la prise de guerre LFI Laurent Sorel aux Outre-mer, évidemment. Au PS, récompenser la trahison est la norme.
Et enfin, donc, le cabinet. Quand il n’y en a plus, il y en a encore : les Parisiens découvrent désormais les 31 membres du cabinet du maire. 31 ! La fiche officielle de Grégoire sur Paris.fr est un chef-d’œuvre de bureaucratie socialiste. Tout se chevauche, tout s’empile, tout se dilue. Les directions parlent aux cabinets, les cabinets parlent au Secrétariat général, le Secrétariat général coordonne les directions, le cabinet du maire donne des consignes à tout le monde, et les conseillers délégués repassent une couche par-dessus.
Résultat : un carnaval administratif dans lequel on trouve même un « adjoint à la Directrice adjointe de Cabinet ». L’adjoint de l’adjointe !
Pendant que le ministre de l’Économie ou de l’Intérieur fonctionne avec une quinzaine de membres de cabinet, le maire de Paris en aligne trente et un. Quand tout le monde est chargé de tout, plus personne ne répond de rien.
Mais le plus grave n’est même pas le ridicule : c’est la promesse trahie. Emmanuel Grégoire expliquait vouloir rompre avec l’hyperverticalité d’Hidalgo, renouer avec l’hyperproximité (rien que ça), redonner de l’air aux arrondissements, écouter le terrain, rapprocher la décision des Parisiens. Très bien. C’était exactement ce qu’il fallait dire. Le problème, c’est qu’il fait l’inverse.
Les vrais relais de proximité existent déjà. Ce sont les maires d’arrondissement, de la majorité ou de l’opposition. Ce sont eux qui connaissent les écoles, les rues, les familles, les gardiens, les commerçants, les associations, les problèmes qui remontent et ceux que l’Hôtel de Ville enterre.
J’alerte Emmanuel Grégoire : s’il recrée l’entre-soi de courtisans et des copains qui a enfermé Anne Hidalgo dans son propre récit, loin des Parisiens, loin des arrondissements, loin du réel, il échouera de la même manière. Il devait incarner l’après-Hidalgo. Il commence par reproduire Hidalgo : plus dense, plus flou, plus lourd, plus bavard.
Gregoire, c’est Hidalgo en pire.
🇲🇽 L’armée mexicaine de Grégoire
— Kevin Messy (@KevinMessy19) July 2, 2026
Avec 10 milliards d’euros de budget annuel et presque autant de dette, les Parisiens se demandent légitimement où passe leur argent. A priori, pas dans la climatisation des EHPAD, pas dans le recrutement du périscolaire, pas dans la propreté ni… pic.twitter.com/dmIE31yZK7
